Éditorial des derniers Numéro
Éditorial 3 – 2025
Chère Sociétaire, cher Sociétaire,
L’été nous a offert une Rencontre valdôtaine remarquable par le nombre de participants et la présence des associations culturelles valdôtaines : le Comité était, bien naturellement, parmi elles, afin de rencontrer les Valdôtains de l’étranger et présenter les derniers numéros du « Flambeau ». La chronique de cette belle journée est le sujet du premier article de ce numéro de la revue, une position privilégiée par laquelle le Comité désire exprimer son attention et son affection pour les émigrés et leurs descendants, témoignage vivant de l’amour envers la Vallée d’Aoste.
En effet, comme l’on sait, la distance rende parfois plus intenses les sentiments et ceux dont font preuve les émigrés constituent un exemple qui ne peut qu’interpeller tous les Valdôtains et les pousser à un engagement plus actif pour le Pays et son avenir.
Œuvrer pour le maintien des traditions, but statutaire de notre association, n’est qu’un instrument pour sauvegarder les caractéristiques fondamentales d’une identité particulière qui est notre première richesse et que nous avons le droit de revendiquer et le devoir de défendre, en prétendant le respect de la part de quiconque.
À ce propos, je désire remercier tous les auteurs qui collaborent à la réussite de la revue, en particulier ceux dont les signatures paraissent pour la première fois dans ce numéro, sans oublier, bien évidemment, les auteurs plus « habituels ».
J’espère que leur exemple sera suivi par d’autres sociétaires et, après cette invitation, je te souhaite bonne lecture.
Le Président du C.T.V.
Éditorial 2 – 2025
Chère Sociétaire, cher Sociétaire,
Le numéro d’été du « Flambeau » offre, comme d’habitude, un échantillon de la vaste culture valdôtaine par des articles dédiés à l’histoire, à l’histoire de l’art, à la réflexion personnelle, à la poésie et, encore, à la toponymie et aux sports populaires.
Parmi eux, je désire recommander surtout les articles de madame Cecilia Marcoz et monsieur Lionel Luboz, dont le contenu dépasse la simple illustration du passé, mais propose aux lecteurs des souvenirs et des pensées qui rendent notre revue l’un des instruments privilégiés pour connaître l’identité valdôtaine, sans oublier l’ouverture vers le monde tout entier.
À ce propos je reviens sur la requête déjà formulée dans l’éditorial du premier numéro de cette année, pour inviter encore une fois lecteurs et lectrices qui ont familiarité avec la poste électronique à profiter de cet instrument pour maintenir les relations avec le Comité des Traditions. Ainsi, je vous prie de communiquer votre courriel en envoyant un mail à l’adresse du Comité.
Encore, je désire annoncer que le numéro spécial de 2025 sera dédié à l’association dont cette année nous célébrons le centenaire de fondation, c’est-à-dire la Jeune Vallée d’Aoste, créée en 1925 par l’abbé Trèves, Émilie Chanoux et Joseph-Marie Alliod, afin de défendre langue et culture de notre région face à la dictature fasciste.
Tout auteur désirant contribuer à ce numéro de la revue, est invité à envoyer sa contribution avant le 30 octobre prochain afin de permettre au comité de rédaction du « Flambeau » de préparer un numéro autant intéressant que les spéciaux précédents.
J’attends vos écrits et je souhaite une bonne lecture.
Le Président du C.T.V.
Éditorial 1 – 2025
Chère Sociétaire, cher Sociétaire,
Ce numéro de notre revue est le premier à paraître après le renouvellement du Conseil de direction, élu par l’Assemblée générale du 30 mars dernier. Il représente, donc, la carte de visite du groupe qui régira le Comité dans les trois années prochaines.
Il s’agit d’une carte de visite traditionnelle, mais avec quelques nouveautés, qui bien décrit le groupe et le travail qui l’attend.
En effet, les articles qui suivent parlent de l’émigration, de la Foire de Saint-Ours, du patois et des poètes patoisants, bref, des éléments à la base de notre identité depuis toujours.
Ces sujets réfléchissent la composition du Conseil de direction sorti de l’Assemblée, une composition « traditionnelle » car presque tous les conseillers ont été confirmés, sauf Mme Nadia Agnesod, qui a accepté la charge de commissaire aux comptes, remplacée par Mme Jeannette Bondaz.
La confirmation de la plupart des conseillers exprime bien l’approbation pour le travail accompli, mais dénonce aussi l’absence de candidats à prendre la relève. En effet, le problème du futur du Comité a été posé par le rapport du Président sortant, qui envisage la présence active du Comité dans les réseaux sociaux et Internet, dans le but de présenter nos activités au public utilisant ces moyens de communication.
À ce propos, je t’invite à envoyer un courriel à l’adresse électronique de notre Association – comitedestraditions@gmail.com – ce qui permettra la réalisation d’une liste d’envoi assurant un contact plus rapide et efficace entre nous.
Il s’agit d’un premier pas pour intensifier le dialogue parmi les adhérents du Comité et favoriser de nouvelles adhésions.
Ainsi, je t’invite à promouvoir la connaissance du « Flambeau » et des autres activités du Comité des Traditions parmi les personnes que tu connais : aujourd’hui plus que jamais l’aide de chaque associé est nécessaire pour assurer le futur de notre association.
Je te remercie et souhaite une bonne lecture.
Le Président du C.T.V.
Éditorial 4 – 2024
Chère Sociétaire, cher Sociétaire,
Quand, le jour de la Mi-Carême 2024, l’Assemblée de notre association a approuvé la proposition de M. François Stevenin, demandant d’imprimer les actes de la conférence « 6 heures en classe et puis…? », organisée par le Conseil des Jeunes Valdôtains samedi le 6 mars précédent, je fus très heureux pour trois motivations.
Avant tout, l’assemblée confiait au conseil de direction le mandat d’intervenir sur un sujet d’actualité, permettant au Flambeau de reprendre l’une de ses fonctions princières, la promotion de la tradition dans la société actuelle, avec un esprit de critique constructive, sans polémiques mais sans la crainte de raconter la réalité telle qu’elle se présente à nos yeux.
Pour ce faire – deuxième motivation – il était nécessaire de demander la collaboration à d’autres associations. En conséquence, le CTV aurait eu une nouvelle occasion de poursuivre la démarche visant à dévelop- per les synergies avec les autres réalités du territoire : après les sociétés savantes et les associations culturelles, les groupes folkloriques et historiques, les compagnies du théâtre populaire, toutes présentes aux stand « Vallée d’Aoste » pendant la Foire de Saint-Ours, l’heure est venue des associations de promotion sociale, telles que le Conseil des Jeunes, que je tiens à remercier pour la faveur et la confiance accordées à notre association.
Cette collaboration permet d’envisager un nouveau volet d’activités pour le Comité : contribuer de façon plus directe, par les compétences des sociétaires et les connaissances cumulées pendant sa longue existence, à la vie de la communauté valdôtaine d’aujourd’hui.
Enfin, parler de l’enseignement de la langue française signifiait intervenir sur l’un des aspects principaux de l’identité valdôtaine : la francophonie, dont personne peut nier l’importance, mais qui demande d’être mise en valeur pour les nombreuses retombées positives qu’elle assure, dans les domaines économiques autant que dans ceux culturels. Aujourd’hui plus qu’autrefois, l’intérêt accru des touristes pour tous les aspects caractérisant un territoire nous demande de développer de plus en plus la pratique quotidienne de notre langue historique et pour répondre aux nombreux visiteurs francophones qui choisissent notre région et pour nous différencier d’autres pays alpins d’Italie. Encore, il ne faut pas oublier l’avantage représenté par la connaissance de plusieurs langues dans le marché du travail, comme le démontrent les nombreux émigrants qui, en 2024 comme en 1924, témoignent par leurs parcours professionnels que « le français fut le grand gagne-pain des Valdôtains », selon l’heureuse définition d’Ernestine Branche (La race qui meurt).
À ces motivations, une quatrième est venue s’ajouter, liée à ma sensibilité d’historien : préparer cette introduction m’a obligé à parcourir la collection du « Flambeau » à la recherche des articles portant sur l’école. J’ai ainsi découvert une véritable mine de propositions, études, critiques qui tout au long des soixante-quinze ans d’existence de la revue ont offert – et offrent encore aujourd’hui – aux lecteurs la possibilité de connaître le riche débat sur le rôle et la fonction attribués à l’école dans la Vallée d’Aoste des décennies passées.
Un rôle où la promotion de la langue française était centrale, comme le démontrent, parmi les autres, l’appel de Maxime Durand Intensifions l’enseignement du français, dans le n. 4/1952 ; l’intervention d’Aimé Chenal sur Bilinguisme précoce : un pas avant vers notre salut, dans le n. 4/1974 ; le Projet d’expérimentation pour les écoles élémentaires proposé par les écoles de Messigné, Plaisant et Blavy de la colline de Nus, dans le 4/1975, et encore, le Dossier Langue et enseignement, dans lequel le CTV s’exprimait sur La langue française et l’identité valdôtaine dans l’école, en septembre 1977, ou le rapport de René Faval Bilinguisme officiel et plurilinguisme au Val d’Aoste : l’expérience scolaire, en juin 1984.
À côté de ces articles, il est bien de rappeler les contributions dans les domaines pédagogiques, telles que les articles de Jean Pezzoli sur La valeur de l’étude du milieu à l’école primaire, paru dans le n. 3-4/1960, et sur L’éducation mésologique dans les écoles de montagne, dans le 4/1974, ainsi que les nombreuses références à la pédagogie de l’« École moderne » promue par Célestin Freinet, qui fut la grande source d’inspiration pour les institutrices et les instituteurs de la Vallée d’Aoste pendant les années Soixante et Soixante-dix (nn. 2/1969, 3-4/1972, 3/1973, 1/1974, 3/1982, 2/1984).
À ce point, il est nécessaire de reconnaître qu’aujourd’hui, le débat et la réflexion pédagogique sur la langue française ne sont pas à la une ou, pour mieux le dire, ne tiennent plus en compte le projet duquel découlaient l’organisation de l’école et le débat sur la fonction de celle-ci pour la communauté valdôtaine. L’impression est que, depuis l’introduction de l’autonomie des établissements scolaires, en 2000, après avoir dépensé beaucoup d’énergies pour assurer à la Région le contrôle d’un instrument fondamental pour la sauvegarde de l’identité locale – le bilinguisme à l’école – une fois ce résultat atteint, la volonté d’utiliser ce même instrument a fait défaut.
En effet, l’enseignement et la pratique de la langue française n’ont de raison d’être qu’en union avec la connaissance et la promotion de la civilisation valdôtaine car la langue représente l’aspect le plus évident de toute civilisation, dont elle exprime les caractéristiques surtout par son lexique, comme le démontre la langue latine, riche en paroles tirées de la vie des paysans, en raison des origines campagnardes des premiers Romains, agriculteurs et éleveurs de moutons. En même temps, une langue contribue à façonner un peuple car c’est par elle que les gens expriment leurs pensées : la syntaxe d’une langue influence l’élaboration du raisonnement et, par cela, la logique propre à chaque civilisation.
En conséquence, il n’est pas suffisant d’enseigner la langue française, il faut unir cet enseignement à la connaissance de la civilisation valdôtaine et à l’explication des raisons du lien entre l’une et l’autre. Le cas échéant, l’on pourra apprendre aux étudiants une deuxième langue étrangère, au côté de l’anglaise désormais langue dominante à niveau international, mais elle ne sera jamais aperçue – et vécue – comme l’une des racines qui soutienne l’identité locale depuis le VIe siècle.
Ainsi, je souhaite que les considérations contenues dans les pages qui suivent constituent un point de départ d’une réflexion plus étendue, que le « Flambeau » serait heureux d’accueillir. Car chaque analyse de l’enseignement de la langue française dans les écoles de la Vallée d’Aoste ne devrait se passer de demander à haute voix quel est l’état de l’enseignement de la civilisation valdôtaine : combien d’enseignants dépensent encore leurs énergies pour faire connaître la géographie et l’histoire de notre région, dans les différences niveaux scolaires ? Qui vérifie les résultats de leurs efforts ? Et par quels moyens ? Est-ce qu’il existe un contrôle continu de l’efficacité de cet enseignement, permet- tant d’apporter les modifications qui pourraient s’avérer nécessaires et à la didactique et à la préparation des enseignants ?
Ce sont là des questions à ne pas négliger, si nous voulons que les nouvelles générations connaissent et apprécient en pleine conscience le pays où elles sont en train de grandir.
Le Président du C.T.V.